Suspension des réseaux sociaux : l’APIC appelle au dialogue et à la proportionnalité

Suspension des réseaux sociaux : l'APIC appelle au dialogue et à la proportionnalité

L’Association des Professionnels de l’Information et de la Communication (APIC) a pris connaissance de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) portant suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire national.

Notre association réaffirme avec force son attachement aux principes fondamentaux qui régissent notre profession : la liberté d’expression, le droit à l’information, la responsabilité éditoriale et le respect de la dignité humaine.

Nous reconnaissons que la lutte contre la désinformation, les discours haineux, la diffamation, le cyberharcèlement et toute atteinte à la cohésion sociale constitue une exigence légitime dans un État de droit. Les dérives observées sur les plateformes numériques appellent des réponses appropriées, fermes et conformes aux lois en vigueur.

Cependant, nous estimons qu’une suspension générale et indéterminée des réseaux sociaux soulève d’importantes préoccupations quant à la proportionnalité de la mesure, à ses effets sur l’exercice du droit à l’information, ainsi que sur l’activité économique, sociale et médiatique de notre pays.

Les réseaux sociaux constituent aujourd’hui des outils essentiels de diffusion de l’information, de communication institutionnelle, d’expression citoyenne et de développement économique. Leur interruption affecte non seulement les auteurs d’abus, mais également des millions d’usagers respectueux des lois, ainsi que les professionnels des médias et de la communication qui en font usage dans le cadre légal de leurs activités.

Dans cet esprit, l’APIC Gabon :

  • Appelle au dialogue constructif entre les autorités compétentes, les professionnels des médias, les organisations de la société civile et les représentants des plateformes numériques ;
  • Encourage le renforcement des mécanismes juridiques et techniques permettant d’identifier et de sanctionner les auteurs d’infractions de manière ciblée ;
  • Plaide pour des solutions proportionnées, transparentes et limitées dans le temps, conformes aux principes de l’État de droit ;
  • Réaffirme son engagement en faveur d’une communication responsable, éthique et respectueuse des lois de la République.

Nous demeurons disponibles pour contribuer, par notre expertise, à toute initiative visant à concilier la protection de l’ordre public et la préservation des libertés fondamentales, dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Libreville, le 18 février 2026.

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